
Le retour du hooligan : Une vie
Norman Manea
(traduction : Nicolas Véron)
éditions le Seuil, 24/08/2006
prix Médicis du roman étranger 2006
«Je ne disparaîtrai pas, comme l’insecte de Kafka, en m’enfouissant définitivement la tête dans le sol, mais continuerai mes pérégrinations, en escargot qui accepte sereinement son destin.»
Extrait du livre "Le Retour du hooligan"
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Présentation de l'éditeur
Né en Bucovine en 1936, Norman Manea a été déporté dans un camp de concentration en Transnistrie, en 1941, comme l'ensemble de la population juive de cette région. Ses grands-parents y périront. A son retour, en 1945, il est fasciné par l'utopie communiste. mais s'aperçoit très vite de la réalité cruelle, perverse et tragi-comique de ce régime totalitaire. Dès lors, la littérature se présente à lui comme un véritable refuge. Poussé à l'exil en 1986. d'abord à Berlin-Ouest, puis à New York, il se voit privé de son dernier asile et seul ancrage, sa langue. A l'occasion d'un séjour en Roumanie en 1997, le temps se décloisonne : la mère est morte entre-temps. mais les fantômes du passé viennent croiser ceux du présent, entre réalité et hallucination. Ce somptueux roman évoque soixante ans de ténèbres. ce qui n'empêche pas un humour parfois burlesque. L'auteur explore un " je " aux multiples facettes pour faire revivre un destin individuel débarrassé des clichés de victimisation de la mémoire collective ; il offre un fulgurant autoportrait entre terreur et beauté, qui dévoile une époque chaotique et sanglante.
Commentaires de presse
D'origine roumaine, l'auteur a connu le pire de l'expérience européenne - déportation dans un camp nazi, dictature communiste, exil aux Etats-Unis. Un roman indispensable. [...] La description amère et ténébreuse que Manea fait de sa vie américaine, tout comme l'étrange structure du récit, qui s'ouvre sur New York et met en scène un bref retour en Roumanie, prétexte au déchaînement des souvenirs, n'autorise aucun happy end. Pour Manea, New York n'est guère qu'un autre lieu de cette profonde anormalité qu'est l'existence humaine, où, «au milieu des étrangers d'ici, de là-bas et de partout, la confusion, ultime richesse de l'exilé, me restitue un Dieu familier».
Marc Weitzmann - Le Point du 31 août 2006
Ce Retour du hooligan - allusion au texte de Mircea Eliade en 1934, Les Hooligans (1) - est autobiographique sans être une autobiographie ou des Mémoires. C'est plutôt un roman de la mémoire, hanté par Joyce et Proust, avec un retour vers "le passé comme fiction" - titre d'une des parties du récit. Le retour réel a eu lieu en 1997. Norman Manea s'est laissé convaincre d'accompagner le président de son université, invité à une tournée de conférences en Roumanie. "Sur ce voyage, les avis de mes amis écrivains divergeaient. Saul Bellow pensait que je ne devais pas partir, Philip Roth m'encourageait à accepter, me faisant promettre de prendre des notes et de lui envoyer un fax chaque soir." Il a suivi l'avis de Roth, et, pendant les douze jours de son séjour, a tenu un journal qu'il a perdu lors de son vol de retour. [...] Manea avait toujours dans sa poche, en guise de viatique, une phrase de Joyce, extraite de Dedalus. Portrait de l'artiste jeune par lui-même : "Je ne veux pas servir ce à quoi je ne crois plus, que cela s'appelle mon foyer, ma patrie ou mon Eglise. Je veux essayer de m'exprimer, sous quelque forme d'existence ou d'art, aussi librement et complètement que possible, en usant pour ma défense des seules armes que je m'autorise : le silence, l'exil, la ruse."
Josyane Savigneau - Le Monde du 1er septembre 2006
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Norman Manea est le plus traduit des auteurs roumains d'aujourd'hui. Depuis près de vingt ans il vit en exil à New York. Le Retour du hooligan a été salué par la presse américaine et européenne comme un des plus grands ouvrages de littérature sur la tragédie de l'Europe de l'Est au XXe siècle et a reçu en Espagne le prix du Meilleur Livre étranger 2005.
Partir n'était pas seulement mourir un peu, comme lors de tant de séparations mélancoliques : ce pouvait aussi signifier le suicide, le voyage ultime. Pour autant, c'était aussi la promesse d'un salut, fût-il partiel et temporaire. La promesse d'échapper à l'incendie. Une issue de secours, une solution précipitée. Sortir en hâte de la maison en flammes, sans savoir si demain on aura un toit au-dessus de la tête. Se sauver de la mort, tout simplement, d'une mort non pas métaphorique, mais bien concrète, imminente, irrémédiable. L'urgence avait ses exigences et ses contradictions propres. Plutôt que l'expression d'un instinct de survie, mon acte était une impulsion irréfléchie. Car en vérité, je ne savais pas où je voulais aller.
in "Le Retour du hooligan" (page 158).
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Norman Manea,
Intoarcerea huliganului,
Polirom, 2006, ed. a IIa
Norman Manea a obtinut premiul Medicis pe 2006 pentru roman strain, cu volumul "Intoarcerea huliganului". Exilat la New York, Manea povesteste in carte despre deportarea sa intr-un lagar de concentrare in timpul celui de-al doilea razboi mondial si despre dezamagirea intoarcerii in Romania de azi. La 70 de ani, Norman Manea este cel mai tradus scriitor roman contemporan, cartile sale fiind traduse in peste 15 limbi, potrivit Polirom. Aceasta editura a publicat "Intoarcerea huliganului" intr-o prima editie in 2003, in timp ce a doua editie a aparut in 2006. Cartea va mai fi publicata in Olanda, China, Portugalia si Polonia.
Premiul Medicis Etranger se acorda din 1970, fiind creat in prelungirea premiului Medicis pentru carte franceza.
Printre castigatorii sai se numara Milan Kundera, Julio Cortazar, Umberto Eco, Jonathan Coe si Orhan Pamuk, detinatorul Nobelului pentru literatura pentru anul acesta.
(D.P.) Gândul, 01 noiembrie 2006.
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Descriere:
"O constructie ambitioasa, ampla, cu multe deschideri si cu bogate armonii interioare, o piesa simfonica, as zice, cu motive care revin, cu melodii reluate in chei si timbre diferite, cu alternante intre registrul major al sectiunilor care evoca «initierea» (Transnistria) sau, mai tarziu, universul concentrationar comunist (Periprava) si alte moduri mai jucause, mai capricioase, mai tandre sau mai taioase, mai amuzate sau mai furioase. Vad, bunaoara, fragmentul transformarii magico-absurde a limbii romane in limba universala, ca pe un scherzo extins, in care o posibila anxietate onirica initiala se rezolva in caricatura delicata, fantasta si umor destins. In combinatia intre genuri “ intre autobiografia propriu-zisa, la persoana intii, si naratiunea romanesca la persoana a treia “ fictiunea da viata si intensitate elementului strict istoric-autobiografic. Temele esentiale (holocaust, comunism, exil), scrutate deopotriva ca destin colectiv si individual, situeaza tragedia secolului XX in contextul confictelor modernitatii si al tensiunilor contemporaneitatii noastre globale, disputata intre solitudine si solidaritate. O carte grava si complexa. Am citit Intoarcerea huliganului cu sustinuta curiozitate, cu emotie, cu sentimentul ca aceasta e cea mai buna carte de pana acum a lui Norman Manea."
Matei Calinescu
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Comentari de presa:
„O carte splendida. Un roman despre temeiurile si nesabuinta Istoriei. Mai presus de toate, un elogiu adus limbii. Limbii romane.” (Letras Libres)
„Intoarcerea huliganului este o carte de memorii, dar nu doar in intelesul obisnuit al cuvintului: pentru ca pe intreg cuprinsul ei sint inserate pagini de pura fictiune, ca si numeroase elemente caracteristice speciei eseului moral. Manea stie prea bine ca a separa faptul real de fictiune e o datorie etica a memorialistului si, din acest punct de vedere, amintirile sale sint istoric si intern verificabile. Mai mult, cititorul isi da seama ca si atunci cind autorul deschide «ferestre» fictionale catre lumi posibile sau dramatizeaza pasaje de meditatie, scopul sau este intotdeauna adevarul, inclusiv adevarul personal, cu zonele sale mai complicate si mai ambivalente.” (Matei Calinescu)
„Unul dintre marii prozatori romani si europeni de azi. O carte care singereaza.” (La Vanguardia)