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franceza

Plus au sud
du recueil "Jaune-Rouge"

de Beniamin Marius VASILE (Beniamin)
autor hermeneia


On tombait sur nous-mêmes,
et, là, Elle m’a dit
de poursuivre
alors qu’on allait s’arrêter
dans ce pays.
Il n’y avait pas
d’étoiles,
et Elle ne portait
qu’un châle.
L’aube émergeait
désertique,
les collines et les champs
se levaient contre nous
ténébreuses et géants.
On voulait s’allonger
et on rêvait d’être accroupis,
l’un contre l’autre,
dans les reins du pays.
Là il paraît que
les journées sont longues,
il paraît que douces
sont les nuits …
L’horizon craintif
fuyait
parmi les cyprès secs
et inquiets
tandis que nous
on marchait sur l’argile
du fleuve qui un jour (ou une nuit)
… y était.
Et c’est là
que j’ai entendu
sa voix
comme si elle venait
de l’au-delà :
« Tu vois,
il n’y pas de soleil
sans ombre,
et il n’y a pas de vie
sans tombe…
Tu vois,
il faut passer par là. »
Alors en se regardant
avec un peu d’espoir,
les pieds nus
sur le sable rude,
on a repris la marche
sans répit,
plus au sud
... toujours
dans la nuit.


2007-01-22
330


Beniamin

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Aranca - 2007-01-22Penita
si iata intre El si Ea se intimpla sa se contureze imaginea propriilor entitati dincolo de sudul inimii si al desertului intr-un alt spatiu.
in poem gasesc o fluenta deosebita a peisajului ce "intra" in carcasa sufletelor insinguratilor.

si inca ceva...imi aduce aminte pe undeva, in alta gama desigur, de atmosfera unei poezii scrisa de Virgil Titarenco "Nefericitele peripeţii ale scribului Ligriv şi ale ereticei Celiadhee" (prima noapte de exil).

Beniamin - 2007-01-23
Toscana mi-a furnizat partial o parte din imagini pe care le-am transpus intr-o dimensiune obligatoriu nocturna, intr-o stare destul de difuza... si cum Dante era florentin... ma gandeam ca cineva imi va vorbi de el si iata, draga Marina, ca tu te referi la Virgiliu ... :)... Titarenco. Multumesc pentru evidentiere si pentru o lectura mereu aproape de text.

Beniamin - 2007-01-23
.... "partial o parte"... :)

NMP - 2007-01-24
Un texte méditerranéen, sans aucun doute avec les cyprès et l’argile du sol, au contraste fortement marqué lumière-ombre / jour- nuit : de l’aube au crépuscule, dans une unité presque parfaite, (un « nous » unifié), un couple voyage…. en Toscane. Mais c’est là un simple décor, prétexte à une réflexion plus métaphysique :
« Tu vois,
il n’y pas de soleil
sans ombre,
et il n’y a pas de vie
sans tombe…
Tu vois,
il faut passer par là. »
Le voyage est quête de soi-même, et transforme l’être en son essence…
Il faut aller plus au sud… du sud, puisqu’on est déjà dans le sud : continuer le voyage dans la nuit de la non-connaissance – ou plutôt de la connaissance non encore révélée, non encore dévoilée- explorer sa propre dimension, toute lumière et ombres confondues.
*
A propos : le titre « jaune-rouge » se réfère-t’il à la lumière et aux couleurs de la Toscane ?
Patrie de Dante (Florence) mais aussi de Boccace et Pétrarque, géants de la littérature italienne du XlVe siècle, la Toscane a profondément influencé la littérature et la langue française, à la même époque avec ses sonorités italiennes, sa versification et cette couleur diffuse particulière et pittoresque de cette région.


Beniamin - 2007-01-27
Il y a de la provocation dans l'air avec "un couple voyage…. en Toscane"... mais pourquoi on ne formerait pas un couple avec... Elle. Elle nous accompagne depuis qu'on naît jusqu'au moment où on veut bien s'accroupir ensemble "dans les reins du pays". De surcroît, Elle est belle (je certifie: je l'ai vue lors d'un accident). C'est que j'essaie de suggérer avec le décor "inquiet" et "sec", "l'horizon" fuyant dans sa présence. On essaie de se convaincre de sa beauté finale... Ungaretti et Buzzati avaient aussi une certaine passion pour le désert.
Merci pour les références à Boccace et à Pétrarque. Je retiens, inconsciemment peut-être, le goût pour l'allégorie du premier et les "Rimes" du second. Sans oublier l'ironie du "comme si"...
*
Puisque vous êtes curieuse, chère Madame, oui, on peut associer "Jaune-Rouge" "à la lumière et aux couleurs de la Toscane" surtout si l'on fait un effort... Cela dit, le titre du poème devenu celui du recueil de ma "première jeunesse", est né d'une rencontre "authentique", juste le temps de griller un feu jaune-rouge, à ... Montréal. Je trouvais cela particulièremet approprié pour exprimer ces brefs moments intenses pouvant nous habiter toute une vie. Le poème que vous avez lu ci-dessus ne fait que clôturer le cycle puisqu'il y partage les couleurs (vous avez très justement remarqué) et détient la force d'une fin de voyage préparant un autre.